Scandale Financier à Chanas Assurance: Huit anciens dirigeants au TCS

Les dossiers de l’ancien Directeur général, du trésorier, du comptable adjoint et 5 autres cadres de la compagnie ont été transmis au Tribunal criminel spécial ce 3 septembre 2025. Ils sont soupçonnés de malversations financières.

Le parquet du Tribunal de Grande instance de Bonanjo s’est déclaré incompétent, le 2 septembre dernier, pour juger cette affaire. Après deux semaines de garde à vue à la division régionale de la police judiciaire pour le Littoral (Drpj) et deux passages devant le parquet du TGI de Douala, trois des huit mis en cause ont été transférés à Yaoundé.Accusés d’avoir détourné près de 8.9 milliards dans l’entreprise Chanas Assurance S.A, durant l’exercice 2023-2024, ils doivent comparaître devant le Tcs.

De graves accusations pèsent ainsi sur Henri Théodore BAYOUAK, ancien DGA au moment des faits, Monsieur ELA Astrid, ELOTO Remy, DIKONGUE Noé, MOTTO Pierre, Monsieur MATANGA Maurice (ancien PCA), Monsieur AUGOU Léonce (ancien DG), SOYA BISSAYA (ancien PCA). Tout a commencé le 20 août 2025, par la tenue d’un Conseil d’administration extraordinaire au siège de Chanas Assurance  à Douala Bonanjo. Lors dudit Conseil, deux décisions importantes sont prises. La première met fin aux fonctions de Henri Théodore BAYOUAK en qualité de Directeur Général.

La seconde, nomme Madame Bibiane MBIA, jusque-là Directeur Technique, au poste de Directeur Général de Chanas par intérim en remplacement de Henri Théodore BAYOUAK. Selon le communiqué daté du 20 août 2025 parvenu à notre rédaction et signé de la présidente du Conseil d’administration, Mme MANGA Claudine, ces décisions s’inscrivent dans le cadre des mesures de restructuration en cours dans l’entreprise. Mesures visant à consolider sa position sur le marché et à garantir sa pérennité.

Curiosités

Seulement, d’après des sources proches du dossier, l’ancien DG Henri Théodore BAYOUAK et deux de ses anciens collaborateurs sont interpellés et conduits manu-militari à la DRPJ de Bonanjo sans avoir été notifiés des motifs de cette arrestation, ni du mandat d’arrêt au sortir du Conseil du 20 Août 2025. Il est environ 22H. Puis, une plainte est déposée à la DRPJ par la nouvelle DG de Chanas par intérim le 22 Août 2025. Du 20 août au 2 septembre 2025, trois des huit accusés sont toujours en détention à la DRPL. Il s’agit de Henri Théodore BAYOUAK, DGA au moment des faits et de l’exercice querellé (2023-2024), l’ancien trésorier et le comptable adjoint.

Le comptable actuel a quant à lui comparu libre durant toute la période de détention de ses anciens collègues. De nouvelles arrestations sont annoncées. Après un premier passage au parquet du TGI, le juge d’instruction aurait instruit un audit contradictoire et renvoyer les trois prévenus à la DRPJ.

Infractions

Concernant les motifs de leurs interpellations, la plainte collective déposée à la DRPJ de Bonanjo le 22 août dernier indique : « abus de confiance aggravé » ; « rétention sans droit de la chose d’autrui » ; « abus de biens sociaux » ; « présentation de comptes fictifs » ; « blanchiments de capitaux » ; « coaction d’abus de confiance ». Dans la foulée, les auditions de l’actuelle PCA, en poste au moment des faits en 2023 en la personne de Mme MANGA Claudine et de l’actuelle DG Mme Bibiane MBIA par intérim depuis le dernier C.A ont eu lieu au siège de Chanas Assurance le 1er septembre 2025. Et les trois prévenus en garde à vue depuis le 20 août dernier ont de nouveau été présentés au juge d’instruction du parquet du TGI de Bonanjo le 2 septembre 2025. Au terme de la ré-examination du dossier des prévenus, l’instance judiciaire s’est déclarée incompétente pour gérer cette affaire. Et le dossier a été acheminé au TCS le 3 septembre 2025.

Au vue des informations parvenues à notre rédaction, nous avons rencontré le responsable des affaires juridiques, la responsable du service des archives, de la communication et des relations publiques et trois de leurs collaborateurs. Genés suite à nos questions( le sujet se rapporte aux anciens collègues), ils ont invoqué le droit de réserve. Toutefois, Ils ont reconnus qu’une plainte a bel et bien été déposée à la DRPJ. Et que l’enquête suit son cours. Sans plus de détails. C’est désormais au TCS de se prononcer sur les chefs d’accusations contre les prévenus. Nous y reviendrons…

Aristide Ekambi