Les victimes de ces spécialistes du vol à tire ne se comptent plus.
«Nous sommes fatigués et frustrés. Parce que très souvent, nous les appréhendons. Les livrons à la police. Et quelques heures après, ils sont relâchés» confie Victor, un agent de surveillance posté devant l’Institut Français du Cameroun (IFC). Les forces de maintien de l’ordre (FMO) sont essoufflées.
Ces voleurs sévissent en toute impunité sur cette avenue située en plein cœur de la capitale politique du Cameroun. Ils opèrent avec une rapidité légendaire. Chaque geste est calculé. Leur sale besogne est commise dans un intervalle de temps bien défini. Au bout de 2 minutes, ils vous dépouillent de vos biens et s’évaporent dans la nature.
Le 29 mars 2024, aux alentours de 12H, Jérémie Ndip, un journaliste tombe sous leurs griffes. Jérémie raconte sa mésaventure. «Je prends part à une formation sur le journalisme innovant à l’IFC. A la pause, je suis allé faire une course. Sur le chemin du retour, j’aperçois une ombre. L’inconnu se rapproche de moi. Il introduit sa main dans la poche gauche de mon blouson en cuir. Subtilise mon téléphone portable mais en la retirant de ma poche, nos bras se touchent. Je réussi à l’intercepter, l’intimider et récupérer mon téléphone portable».
Représailles
Deux jours plutôt (le 27 mars 2024), Eddy Junior, un autre journaliste en a fait les frais. «Il est 8h. Je viens d’arriver à l’IFC. J’accroche mon sac sur mon dos. Je mets 5 minutes pour accéder dans la salle. Une fois à l’intérieur de l’IFC, je constate que mon sac à dos est ouvert. Ils ont subtilisés le câble d’alimentation de mon ordinateur et le chargeur de mon téléphone» relate-il.
La peur des représailles gagne du terrain. Même les passants sont terrifiés par leur regard menaçant. Personne n’ose les dénoncer. Nathalie, tenancière d’un petit commerce, situé sur cette avenue a été ruinée par ces bandits en 2022. «Ils arrivent devant ma marchandise, donnent l’impression d’être en train de discuter avec moi et en profitent pour la distraire en me fixant droit dans les yeux », se remémore-t-elle. Nathalie refuse de livrer ses «bourreaux». Craint pour sa vie. Et pourtant, elle les côtoie tous les jours.
Aristide Ekambi


